Détenu depuis près de six mois, l’enseignant-chercheur Tahar Ouhachi demeure dans l’attente de la programmation de son procès devant le tribunal criminel de première instance de Blida. À l’issue d’une visite effectuée aujourd’hui à la prison de Cheffa (Blida), où il est incarcéré depuis le 15 février 2026, son entourage indique qu’il conserve un moral combatif malgré les conditions de sa détention.
Selon les informations communiquées à l’issue de cette visite, Tahar Ouhachi est actuellement détenu à la prison de Cheffa dans l’attente de la fixation de la date de son audience devant le tribunal criminel de première instance de Blida.
Cette étape judiciaire fait suite à un arrêt rendu le 6 mai 2026 par la chambre d’accusation près la cour de Blida, ordonnant son renvoi devant la juridiction criminelle. L’universitaire est poursuivi pour deux chefs d’inculpation : le crime d’apologie des actes terroristes au moyen des technologies de l’information et de la communication, ainsi que le délit de propagation de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique et à l’ordre public, en application des articles 87 bis 04, 87 bis 12 et 196 bis du Code pénal.
À l’occasion de cette visite, Tahar Ouhachi a souhaité adresser un message de remerciement à toutes les personnes qui continuent de lui témoigner leur soutien.
« Ma pensée va vers tous ceux qui refusent la loi du silence. Les affres de la détention n’ont pas terni mon esprit qui reste intact. Malgré tout, l’espoir est là et bien vivace. »
Il a également chargé son visiteur de transmettre « ses vifs remerciements à toutes celles et à tous ceux qui continuent de le soutenir ».
Un enseignant-chercheur reconnu
Spécialiste d’histoire antique, Tahar Ouhachi enseigne à l’université depuis près de vingt ans. Chercheur reconnu, il a consacré une grande partie de ses travaux aux pratiques historiographiques en Algérie et aux questions liées à l’histoire du mouvement national et aux constructions identitaires.
Avant son arrestation, il avait achevé une thèse intitulée L’histoire romaine dans les pratiques historiographiques en Algérie de 1130 à 1486, déposée auprès du comité scientifique de l’Université d’Alger. Malgré sa détention, il avait exprimé le souhait de pouvoir soutenir ce travail universitaire.
Son état de santé suscite également des préoccupations. Diabétique et insulinodépendant, ses proches avaient déjà alerté sur les difficultés que peuvent représenter les conditions de détention pour le suivi de sa maladie.
Une affaire suivie par les milieux universitaires
Depuis son placement en détention provisoire le 15 février 2026, l’affaire Tahar Ouhachi a suscité de nombreuses réactions dans les milieux universitaires, parmi des avocats, des défenseurs des droits humains et plusieurs organisations politiques. Des voix s’inquiètent de ses implications pour la liberté académique et la liberté d’expression en Algérie, tandis que les poursuites engagées relèvent de dispositions du Code pénal relatives à la lutte contre le terrorisme et à la protection de l’ordre public.
En attendant la programmation de son procès, des comités de soutien poursuivent leurs actions en faveur de l’universitaire et renouvellent leur appel à sa libération, ainsi qu’à celle de l’ensemble des détenus d’opinion.
Sources : Fetta Sadat et Riposte Internationale.