Algérie : un nouveau drame routier fait 25 morts et relance les critiques sur l’inaction des autorités

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Un grave accident de la route a endeuillé l’Algérie ce vendredi 31 juillet. Un autocar est tombé dans un ravin dans la wilaya de Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alger, faisant au moins 25 morts et 44 blessés, selon le dernier bilan communiqué par la Protection civile. Ce nouveau drame intervient moins d’un an après les annonces du gouvernement promettant une modernisation du transport public afin de réduire les accidents, un programme qui n’a toujours pas été concrétisé.

Selon les premières informations, l’autocar est sorti de la route pour une raison encore inconnue avant de se renverser et de terminer sa course au fond d’un ravin. D’importants moyens de secours ont été mobilisés pour prendre en charge les victimes et les évacuer vers les établissements hospitaliers de la région. Les opérations de secours se sont poursuivies plusieurs heures et les autorités n’excluent pas une aggravation du bilan.

Le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est rendu sur les lieux de la catastrophe, tandis qu’une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident et d’établir d’éventuelles responsabilités.

Dans un communiqué, la Présidence de la République a fait part de sa « profonde et immense tristesse » après ce drame, présentant ses condoléances aux familles des victimes et souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. Le chef de l’État a dénoncé les « criminels et terroristes de la route » et affirmé que « la justice frappera d’une main de fer et sans pitié » une fois les investigations terminées. La Présidence a également décrété un deuil national de trois jours, avec mise en berne des drapeaux sur l’ensemble du territoire.

Cette tragédie ravive toutefois les interrogations sur l’état du réseau de transport collectif et sur l’efficacité des mesures annoncées pour améliorer la sécurité routière. En novembre 2025, les autorités avaient dévoilé un vaste programme de renouvellement du parc national de 10 000 autobus, présenté comme une réponse au vieillissement des véhicules, identifié par le gouvernement comme l’une des principales causes des accidents de la circulation. Les premières livraisons devaient débuter dès ce même mois, à raison de 2 000 autobus par mois jusqu’en mars 2026, dans le cadre d’un plan plus large visant à moderniser un parc de près de 84 000 véhicules et à réformer le Code de la route.

Plusieurs mois après ces annonces, les autobus promis n’ont pourtant jamais été mis en circulation. Alors que le gouvernement avait fait de ce programme un axe majeur de sa politique de sécurité routière, les accidents meurtriers continuent de se succéder, alimentant les critiques sur l’écart entre les engagements affichés et leur mise en œuvre effective.

Ce nouveau drame s’inscrit dans une série noire qui frappe régulièrement les routes algériennes. En juillet 2023, une collision entre un autocar et un véhicule utilitaire près de Tamanrasset avait fait 34 morts. En août 2025, un autre autocar était tombé dans un ravin près d’Alger, causant la mort de 18 personnes, avant qu’un nouvel accident à Béchar ne fasse 14 victimes quelques mois plus tard.

Selon les chiffres officiels, 3 838 personnes ont perdu la vie et plus de 37 000 ont été blessées dans des accidents de la circulation en 2025. Malgré les promesses de modernisation du transport public et de renforcement de la sécurité routière, ce nouveau drame illustre la persistance d’un lourd bilan humain et relance les critiques sur la capacité des autorités à transformer leurs annonces en mesures concrètes.

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