Quand défendre ses droits devient un risque,
Dans une société qui se respecte, exprimer une opinion, défendre une cause, s’organiser collectivement ou interpeller les responsables publics ne constitue pas une menace. C’est l’exercice normal d’une citoyenneté vivante.
Pourtant, lorsque la parole libre devient source de poursuites, lorsque l’engagement pacifique expose à l’intimidation, aux sanctions et à des peines de prison, c’est le lien fondamental entre l’État et les citoyens qui se trouve profondément fragilisé, voire brisé.
La démocratie ne se mesure pas seulement à l’existence formelle d’institutions, souvent détournées de leur vocation première. Elle se mesure à la réalité des libertés qu’elles garantissent, au respect de la pluralité des opinions et à la place véritable accordée aux citoyens dans la décision publique.
La criminalisation de l’expression citoyenne, l’utilisation excessive de procédures judiciaires contre des militants, des journalistes ou des défenseurs des droits humains créent un climat où la peur finit par remplacer le débat.
Une société où les citoyens hésitent à parler, et même à se parler, à s’organiser ou à défendre leurs droits perd progressivement une partie de sa vitalité.
L’histoire montre pourtant que les grandes avancées démocratiques et sociales sont toujours nées de citoyens capables de questionner, de revendiquer et de porter des exigences de justice.
Défendre ses droits n’est pas un acte d’hostilité envers l’État. C’est au contraire contribuer à construire un État plus juste, plus responsable et plus respectueux de ses citoyens.
La stabilité durable ne peut jamais reposer sur le silence, la terreur ou la manipulation imposés. Elle repose sur la confiance, la liberté et la participation de tous, et ce n’est pas le cas malheureusement aujourd’hui.
31 juillet 2026 .
Riposte