Sétif : Islam Tabouch convoqué par la police pour le règlement d’amendes liées à ses condamnations

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L’ancien détenu d’opinion Islam Tabouch a été convoqué ces derniers jours au commissariat de police de Sétif. Après s’y être présenté, il a été informé de l’obligation de régler les amendes et les frais de justice liés aux procédures engagées contre lui en raison de son engagement dans le mouvement populaire du Hirak.

Selon les informations disponibles, cette démarche constitue une étape préalable à une éventuelle application de la contrainte par corps, une procédure prévue par la loi pouvant entraîner une incarcération en cas de non-paiement des sommes dues.

Cette nouvelle mesure intervient dans un parcours judiciaire marqué par plusieurs années de poursuites. Militant depuis le début des années 2010, Islam Tabouch a fait l’objet de nombreuses arrestations et condamnations en lien avec ses activités militantes et ses publications sur les réseaux sociaux. Au fil des années, il a notamment été poursuivi pour des publications critiques à l’égard des autorités, avant d’être arrêté à plusieurs reprises après le déclenchement du Hirak en 2019.

Le 21 juillet 2025, la Cour d’appel d’Alger avait d’ailleurs décidé de reporter à une prochaine session criminelle le procès en appel de plusieurs militants, parmi lesquels Islam Tabouch, Raouf Moussaoui, Mourad Hachemi, Hicham Ghamess, Mehdi Milas, Mehdi Talhi et Mustapha Kira. Aucune date n’avait alors été communiquée pour la reprise de cette audience, tandis que Mustapha Kira demeurait en détention dans cette affaire.

Quelques semaines plus tard, en août 2025, Islam Tabouch a de nouveau été arrêté après la diffusion sur TikTok de vidéos relayant des appels anonymes à la reprise des manifestations du Hirak. Condamné à deux ans de prison pour « incitation à attroupement non armé » et « offense au président de la République », il a finalement bénéficié d’un aménagement de peine prévu par l’article 5 bis 1 du Code pénal, introduit par la loi 24-06 d’avril 2024. Depuis sa remise en liberté, il exécute quotidiennement des travaux d’intérêt général, à raison de quatre heures par jour, sous contrôle judiciaire et avec une interdiction de s’éloigner de plus de trente kilomètres de son domicile.

Son parcours est également marqué par un drame personnel. Alors qu’il était détenu, il n’a pas pu voir sa première fille, décédée deux jours après sa naissance. Plus récemment, il a également perdu une seconde fille née prématurément, un événement qui avait conduit la justice à lui accorder son aménagement de peine afin qu’il puisse rejoindre son épouse.

La convocation qui lui a été adressée à Sétif intervient ainsi dans un contexte où plusieurs anciens détenus d’opinion continuent de faire face aux conséquences judiciaires de leurs condamnations. Pour de nombreuses organisations de défense des droits humains, ces procédures alimentent les inquiétudes concernant l’exercice des libertés publiques et le traitement réservé aux militants poursuivis pour leurs activités ou leurs prises de position pacifiques.

Source : Ahmed Manseri.

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