Farid Alilat : « Je ne suis pas un opposant, je suis journaliste »

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Le journaliste algérien Farid Alilat, collaborateur de Jeune Afrique, revient sur son refoulement d’Algérie en 2024 et réagit à l’appel du président Abdelmadjid Tebboune invitant les « opposants » à rentrer au pays. Son cas relance le débat sur la liberté de la presse et les libertés individuelles en Algérie.

Installé en France depuis plusieurs années, Farid Alilat affirme ne pas se sentir concerné par l’appel du chef de l’État algérien. « Je ne suis pas concerné par l’appel du président Tebboune dans la mesure où je ne suis pas un opposant : je suis journaliste », explique-t-il dans un entretien accordé à Maghreb Emergent.

Le journaliste rappelle avoir été refoulé en avril 2024 à son arrivée à l’aéroport international d’Alger, après onze heures d’interpellation et de rétention. Il affirme qu’aucune décision politique, administrative ou judiciaire ne lui a été notifiée pour justifier cette mesure. « La décision de me refouler de mon pays ne repose sur aucun motif, sinon celui d’être journaliste », déclare-t-il.

Cette affaire a suscité une réaction de Riposte internationale, qui a condamné le refoulement du journaliste, dénonçant une mesure jugée arbitraire et une atteinte aux libertés fondamentales. L’organisation estime que le cas de Farid Alilat témoigne d’une pression croissante sur les journalistes et d’une fragilité persistante de la liberté de la presse en Algérie.

Dans son communiqué, Riposte internationale rappelle également les dispositions de la Constitution algérienne relatives à la liberté de circulation, notamment le droit pour tout citoyen de choisir son lieu de résidence et de sortir du territoire national. L’organisation affirme que toute restriction à ces droits doit être encadrée par une décision judiciaire motivée.

La question de la définition d’un « opposant »

Interrogé par Maghreb Emergent sur l’appel du président Tebboune, Farid Alilat reconnaît un engagement politique qui peut apparaître comme un signal positif, mais estime qu’il ne suffit pas. « La notion d’opposant est vague. Qui détermine qui est opposant, et sur quelle base ? », questionne-t-il.

Selon lui, si cette qualification relève de la justice, elle doit reposer sur des faits précis, des accusations et une procédure légale. Dans ce cas, la personne concernée n’est plus seulement un opposant politique, mais un justiciable appelé à répondre de faits qui lui sont reprochés.

À l’inverse, si le pouvoir politique définit lui-même la notion d’opposant, celle-ci pourrait englober des personnes dont les positions, déclarations ou engagements déplaisent au régime en place. « Dans ce cas, nous sommes en contradiction avec la notion d’État de droit », estime le journaliste.

Pour Riposte internationale, le refoulement de Farid Alilat constitue également un message adressé aux Algériens établis à l’étranger engagés dans le débat public. L’organisation apporte son soutien au journaliste et appelle la communauté internationale à défendre davantage la liberté de la presse et les droits fondamentaux.

À travers cette affaire, Farid Alilat pose une question centrale : celle de la place du journaliste dans un contexte où la critique du pouvoir peut parfois être assimilée à une opposition politique.

Sources :

  • Entretien de Farid Alilat publié par Maghreb Emergent.
  • Communiqué de Riposte internationale concernant le refoulement de Farid Alilat.

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