Le détenu d’opinion Afif Bouatou doit comparaître, ce jeudi 16 juillet 2026, devant la cour criminelle du tribunal de première instance de Mostaganem.
Pour rappel, il a été arrêté le 4 février 2026, avant d’être présenté, le lendemain, devant le parquet du tribunal d’Aïn Tedles. Le dossier a ensuite été transmis au juge d’instruction, qui a ordonné son placement en détention provisoire dans le cadre de l’enquête.
Afif Bouatou fait l’objet de poursuites pour des chefs d’accusation criminels et délictuels en lien avec des publications diffusées sur Facebook.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où plusieurs citoyens, militants et internautes font l’objet de poursuites judiciaires en raison de contenus publiés sur les réseaux sociaux ou de l’expression de leurs opinions.
Depuis plusieurs années, des organisations nationales et internationales de défense des droits humains expriment leur préoccupation face au recours à des dispositions pénales pour engager des poursuites en lien avec l’exercice de la liberté d’expression, notamment lorsque les faits reprochés concernent des publications ou des prises de position de nature politique.
Le maintien en détention provisoire et le recours à des qualifications criminelles dans des affaires liées à des publications en ligne continuent d’alimenter les inquiétudes quant au respect des garanties fondamentales, notamment le droit à la liberté d’expression, le droit à un procès équitable et le principe de proportionnalité des poursuites.
À la veille de son procès, cette affaire remet en lumière les interrogations persistantes concernant la protection de la liberté d’opinion et d’expression en Algérie, ainsi que les conditions dans lesquelles les autorités recourent au droit pénal pour traiter des affaires liées à l’expression en ligne.