Le militant Kamel Beghdad a indiqué avoir effectué ce dimanche 5 juillet 2026 sa 70ᵉ signature hebdomadaire au registre du contrôle judiciaire auprès du commissariat de la sûreté de la daïra d’Aokas. Depuis février 2025, il est en effet soumis à l’obligation de se présenter chaque dimanche aux autorités dans le cadre d’une procédure judiciaire qui encadre strictement son quotidien.
Selon ses déclarations, cette mesure fait suite à des poursuites engagées contre lui pour des publications en ligne considérées comme « susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national ». Dans le cadre de cette affaire, il affirme avoir été condamné à une peine d’un an de prison assortie d’une amende de 100 000 dinars. Il indique également être suspendu de son poste de travail depuis le 15 juin 2025, une situation qui aggrave les conséquences sociales et économiques déjà lourdes de cette procédure.
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des interrogations plus larges sur l’usage prolongé du contrôle judiciaire dans certains dossiers liés à l’expression publique. Pour de nombreux observateurs et défenseurs des droits fondamentaux, la durée exceptionnelle de cette mesure, 70 semaines de contraintes hebdomadaires, interroge la proportionnalité des restrictions imposées et leur impact sur les libertés individuelles.
Dans un contexte où les espaces d’expression sont de plus en plus surveillés, la persistance de telles procédures contribue à installer un climat de tension autour de la liberté d’opinion. Les critiques portent notamment sur une application jugée restrictive des dispositions relatives à la liberté d’expression, ainsi que sur le risque d’un effet dissuasif pour les citoyens souhaitant s’exprimer publiquement.
Riposte Internationale exprime sa solidarité avec le militant Kamel Beghdad et réaffirme son attachement au respect de la liberté d’expression, des garanties d’un procès équitable et des libertés fondamentales. L’organisation appelle à un réexamen des poursuites visant les personnes sanctionnées pour l’exercice pacifique de leurs droits, ainsi qu’à la fin des mesures qui prolongent indéfiniment leur impact sur la vie des citoyens concernés.
Source : Kamel Beghdad.