La pression judiciaire exercée contre le journaliste et militant politique Abdelkrim Zeghileche s’est une nouvelle fois intensifiée. En l’espace de quelques jours, le tribunal de première instance de Constantine a prononcé deux nouvelles condamnations à son encontre, portant à trois ans de prison ferme les peines infligées au cours du seul mois de juin dans plusieurs dossiers liés à ses publications sur les réseaux sociaux et à ses activités journalistiques.
Le 18 juin 2026, Abdelkrim Zeghileche a été condamné à une année d’emprisonnement ferme et à une amende de 100 000 dinars algériens. Cette décision fait suite à une audience tenue le 3 juin, au cours de laquelle il était poursuivi pour « diffusion volontaire de nouvelles malveillantes parmi le public susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique et à l’ordre public », sur le fondement de l’article 196 bis du Code pénal.
Quelques jours plus tard, le 24 juin, le même tribunal a rendu un second jugement le condamnant à une nouvelle peine d’un an de prison ferme, assortie d’une amende identique de 100 000 dinars. Dans cette affaire, examinée le 4 juin, la justice lui reprochait la « création d’un compte destiné à promouvoir des idées susceptibles d’inciter à la haine au sein de la société », en application de l’article 34 de la loi n°20-05 relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine.
Avec ces deux nouvelles décisions, le bilan judiciaire du journaliste pour le mois de juin atteint trois ans d’emprisonnement ferme, six mois de prison avec sursis et 350 000 dinars d’amendes dans quatre procédures distinctes. Toutes trouvent leur origine dans des publications diffusées sur Facebook ou dans l’exercice de ses activités journalistiques et de son engagement politique.
Les observateurs rappellent que la Constitution algérienne garantit la liberté d’opinion et d’expression, tandis que le pays est également lié par plusieurs engagements internationaux protégeant ces droits fondamentaux. Ils estiment que le recours à des sanctions pénales contre des publications diffusées sur les réseaux sociaux soulève des interrogations sur le respect de ces garanties et sur la proportionnalité des poursuites engagées.
Au-delà de la situation personnelle d’Abdelkrim Zeghileche, cette nouvelle série de condamnations relance le débat sur la place du pluralisme et de la critique dans l’espace public algérien. Pour les défenseurs des libertés fondamentales, la criminalisation de l’expression pacifique risque d’affaiblir davantage le débat démocratique et de renforcer le climat de crainte qui pèse déjà sur de nombreux journalistes, militants et citoyens engagés.
Riposte internationale réaffirme son plus grand soutien à Abdelkrim Zeghileche et ses proches.
Source : SHOAA