La liberté après l’injustice : Fatma Boudouda enfin acquittée

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La chambre criminelle d’appel près la Cour d’Alger a prononcé l’acquittement de Fatima Boudouda de l’ensemble des accusations retenues contre elle. Détenue depuis près de cinq mois, elle doit retrouver la liberté ce dimanche 21 juin après sa libération de la prison de Koléa, dans la wilaya de Tipaza.

Fatima Boudouda avait été condamnée le 27 janvier 2026 à cinq années de prison ferme par la cour criminelle de première instance de Dar El Beïda. Les poursuites reposaient notamment sur l’article 87 bis du code pénal, un texte durci en 2021 et régulièrement utilisé dans des affaires visant des militants, activistes et figures associées au Hirak.

Son dossier avait suscité une vive émotion en raison de sa situation personnelle. Veuve et mère de plusieurs enfants, elle assure également la prise en charge d’un fils atteint d’un handicap lourd. Son incarcération avait plongé sa famille dans une situation particulièrement difficile.

Au cours de sa détention, plusieurs appels avaient été lancés concernant son état de santé. Des informations relayées par Riposte Internationale faisaient état d’une importante dégradation de sa condition physique, au point qu’elle aurait été contrainte de rester alitée pendant une partie de son incarcération.

L’acquittement de Fatma Boudouda ne doit donc pas être perçu comme un simple fait divers judiciaire. Il rappelle le prix payé par celles et ceux qui subissent la détention, l’incertitude et la stigmatisation avant même qu’une décision définitive ne soit rendue. Aucun acquittement ne peut effacer les mois ou les années passés derrière les barreaux, ni réparer totalement les conséquences personnelles, familiales et professionnelles d’une telle épreuve.

Cette décision démontre que la mobilisation, la solidarité et l’attention portée aux dossiers des prisonniers d’opinion demeurent essentielles. Elle rappelle également qu’une justice véritable ne se mesure pas seulement à sa capacité de condamner, mais aussi à son courage de reconnaître une erreur et de rétablir un droit.

Après plusieurs mois passés derrière les barreaux, Fatima Boudouda doit désormais retrouver sa famille et reprendre le cours de sa vie auprès de ses enfants.

Source : Yasser Rouibeh

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