La chambre d’accusation près le Conseil judiciaire d’El Bayadh a décidé de reporter au 22 juin 2026 sa décision dans le dossier du journaliste et défenseur des droits humains Hassan Bouras.
Cette décision intervient alors que le journaliste est détenu depuis le 13 avril 2026 à la prison d’El Bayadh, après son arrestation devant son domicile par des agents en civil. Son placement en détention a suscité de nombreuses réactions parmi les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse.
Connu pour ses enquêtes sur la corruption et son travail de documentation des violations des droits humains, notamment dans les régions marginalisées du pays, Hassan Bouras fait l’objet de poursuites judiciaires récurrentes depuis plus de vingt ans. Plusieurs organisations internationales considèrent qu’il est visé en raison de ses activités journalistiques et militantes.
Le 3 mai 2026, Hassan Bouras a entamé une grève de la faim illimitée depuis sa cellule. Dans une lettre rendue publique, il expliquait que son corps était devenu son « dernier moyen de protestation » contre ce qu’il qualifie de détention arbitraire et contre les violations de ses droits fondamentaux.
Dans cette même lettre, relayée par plusieurs médias et organisations, il interrogeait les raisons de son emprisonnement : « Dire la vérité ? Refuser le silence ? », estimant que son cas s’inscrivait dans une continuité de poursuites et de pressions déjà subies par le passé.
La grève de la faim a rapidement suscité des inquiétudes concernant son état de santé. Selon les témoignages relayés par Riposte Internationale après une visite de ses proches, Hassan Bouras marchait difficilement, avait perdu beaucoup de poids et souffrait d’une grande faiblesse physique. Il a finalement annoncé la suspension de sa grève de la faim à la fin du mois de mai.
Plusieurs médias ont également relayé les préoccupations de ses proches et de ses soutiens. Riposte Internationale a notamment publié plusieurs articles sur sa situation, tandis que d’autres observateurs ont rappelé que Hassan Bouras avait déjà été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises au cours de sa carrière de journaliste et de défenseur des droits humains.
Le report de la décision de la chambre d’accusation prolonge ainsi l’attente autour d’un dossier suivi de près par de nombreuses organisations de défense des droits humains, des journalistes et des acteurs de la société civile en Algérie.