La crise sanitaire du Covid-19 a agi comme un révélateur brutal de nombreuses fractures sociales. Parmi elles, les violences faites aux femmes ont quitté l’ombre pour apparaître comme une réalité massive que les confinements, l’isolement et la précarité ont rendue encore plus visible.
Aujourd’hui, nier cette violence n’est plus possible. La responsabilité collective consiste désormais à la nommer, à la reconnaître et à agir pour la faire reculer. Les associations, les militantes et les défenseurs des droits humains rappellent depuis des années que ces violences ne relèvent pas uniquement de la sphère privée : elles constituent une atteinte fondamentale aux droits humains.
La reconnaissance institutionnelle de ces violences représente une étape essentielle. Lorsqu’un État les considère comme une problématique de droits humains, il reconnaît que les discriminations, les violences économiques, sociales et psychologiques ne sont pas des faits isolés mais le symptôme d’inégalités structurelles qui touchent des millions de femmes et de filles.
Cette approche dépasse le seul cadre judiciaire. Les conséquences des violences sont également sanitaires : traumatismes psychologiques, dégradation de la santé physique, exclusion sociale, précarité économique et impacts durables sur les enfants exposés à ces situations. C’est pourquoi les organisations internationales et de nombreux spécialistes parlent aujourd’hui d’une véritable question de santé publique.
La lutte contre les violences faites aux femmes exige donc une mobilisation globale : politiques publiques efficaces, protection des victimes, accès à la justice, éducation à l’égalité et soutien aux associations de terrain. Sans ces leviers, les discours resteront insuffisants face à une réalité qui continue de briser des vies.
Faire reconnaître ces violences comme une question de droits humains et de santé publique n’est pas un simple changement de vocabulaire. C’est affirmer que la dignité, la sécurité et l’égalité des femmes constituent un fondement indispensable d’une société démocratique et juste.
Source : Fatma Boufenik