L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud fait l’objet de poursuites judiciaires en Algérie, où il a été condamné à trois ans de prison ferme ainsi qu’à une amende de 5 millions de dinars (environ 30 000 euros) par un tribunal d’Oran. Cette décision, rendue le 21 avril 2026, a été annoncée publiquement par l’auteur lui-même sur les réseaux sociaux.Dans son message sur la plateforme X, il explique avoir été condamné dans le cadre d’une procédure liée à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Il déclare notamment : « Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril courant. Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. »
Cette condamnation intervient dans le cadre de plusieurs procédures judiciaires visant son roman Houris, publié en 2024 et récompensé par le prix Goncourt. L’ouvrage aborde la guerre civile algérienne des années 1990, un sujet particulièrement sensible dans le pays.
Une autre procédure est engagée par Saâda Arbane, une rescapée de cette période, qui accuse l’écrivain d’avoir utilisé son histoire personnelle sans son consentement pour la rédaction de son roman.
Par ailleurs, les autorités algériennes ont émis deux mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de Kamel Daoud, renforçant ainsi un ensemble de poursuites judiciaires qui visent l’auteur et ses travaux littéraires. Ces mesures s’inscrivent dans des pratiques arbitraires dans le traitement des affaires liées à la liberté d’expression et à la création littéraire.