Abderrahim Guerna : une condamnation qui soulève des questions sur la justice en Algérie

Retour à  Accueil 

En Algérie, la question de la liberté d’expression revient une nouvelle fois au centre de l’actualité. Le jeudi 16 avril 2026, le tribunal de M’sila a condamné Abderrahim Guerna, enseignant universitaire, à un an de prison ferme, accompagné d’une amende. En cause : des publications qui lui sont attribuées sur Facebook.
Derrière cette décision judiciaire, ce sont surtout les chefs d’accusation qui interpellent. L’universitaire est poursuivi pour atteinte à l’unité nationale, diffusion d’informations pouvant troubler l’ordre public ou encore atteinte à l’intérêt national. Des formulations jugées très larges, souvent critiquées car elles peuvent facilement être utilisées pour sanctionner des prises de parole pacifiques.
Arrêté le 9 avril 2026, Abderrahim Guerna avait été placé en détention après une comparution immédiate avant que son procès ne soit reporté au 16 avril. Mais cette affaire n’est pas un cas isolé.
En effet, ce n’est pas la première fois que cet enseignant se retrouve face à la justice. En 2022, il avait déjà été emprisonné avec d’autres militants. Condamné en 2024 à deux ans de prison, dont un an ferme, il avait finalement été libéré après 18 mois de détention, avant d’être totalement acquitté en novembre 2025. Un parcours judiciaire qui soulève aujourd’hui de nombreuses questions.
Pourquoi poursuivre à nouveau une personne déjà innocentée ? Cette répétition donne le sentiment d’un acharnement et alimente les inquiétudes autour de l’utilisation de la justice dans ce type d’affaires.
Au-delà du cas individuel, cette situation met en lumière une réalité plus large : celle des limites imposées à la liberté d’expression, notamment dans les milieux intellectuels et universitaires. Beaucoup estiment que certaines lois, aux contours flous, permettent de sanctionner des opinions ou des critiques qui ne représentent pourtant pas de danger réel.

Soutenez notre combat

Chaque don compte pour nos combats juridiques.
➔ Je soutiens l’association