Affaire Wafia Tedjani : symbole des dérives judiciaires en Algérie

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À la veille de son procès prévu le 21 avril 2026 au tribunal de Bab Zouar à Alger , le dossier de Wafia Tedjani met une nouvelle fois en lumière les dérives du système judiciaire algérien. Arrêtée le 4 mars 2025 à At Dwala, en Kabylie, elle est maintenue en détention à la maison d’arrêt de Tizi Ouzou depuis plus d’un an.

Militante humanitaire connue pour son engagement de terrain, Wafia Tedjani s’est mobilisée auprès des familles de détenus d’opinion, des populations défavorisées et des habitants de zones isolées. Elle organisait notamment des déplacements pour les familles, apportait un soutien matériel et moral aux prisonniers d’opinion et intervenait après les incendies meurtriers ayant touché Béjaïa et Larbaa Nat Iraten.

Son parcours judiciaire comporte également une convocation dès avril 2022 dans le cadre de ses activités associatives liées aux actions de solidarité menées en 2021. Elle avait alors déjà été placée sous contrôle judiciaire par les autorités judiciaires de Tizi Ouzou.

En août 2023, elle est poursuivie pour « incitation à l’attroupement non armé », « attroupement », « outrage à corps constitué » et « diffusion de fausses informations dans l’intention de nuire à l’intérêt national ». Ces chefs d’accusation flous sont régulièrement utilisés par le pouvoir pour museler les voix militantes.

Rappelons également que l’an dernier, Wafia Tedjani a subi des mauvais traitements en détention, suscitant de vives inquiétudes quant à son état de santé. Elle a notamment eu un bras plâtré alors qu’elle était incarcérée, sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie sur l’origine de cette blessure. À cela s’ajoute une mesure punitive supplémentaire : en mars 2026, elle a été privée de parloir pendant un mois complet, sans justification publique.

À l’approche de l’audience, les appels à sa libération se multiplient, tandis que son cas continue d’alimenter les inquiétudes et de soulever de sérieuses questions sur le respect des droits fondamentaux en Algérie.

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