Depuis le 23 février 2025, Kamel Beghdad est soumis à un contrôle judiciaire l’obligeant à se présenter chaque semaine au commissariat d’Aokas, dans la wilaya de Béjaïa. À ce jour, cette routine s’étend sur 57 semaines, soit 399 jours. Sans être incarcéré, il vit sous une surveillance constante qui limite ses déplacements et crée une pression psychologique quotidienne.
Condamné à un an de prison ferme et à une amende de 100 000 dinars pour des publications jugées contraires à l’intérêt national, Kamel Beghdad illustre une tendance inquiétante : le recours à des mesures judiciaires prolongées pour exercer un contrôle sur les citoyens sans recourir à l’emprisonnement. Cette pratique met en évidence la façon dont le pouvoir peut exploiter le cadre légal pour restreindre la liberté d’expression et intimider toute voix critique.
Si le contrôle judiciaire est légalement justifié comme un outil permettant de suivre une procédure, son usage prolongé en devient une contrainte lourde et dissuasive. Dans ce contexte, la mesure ne protège plus seulement l’État : elle devient un instrument de pression, qui encadre et freine la contestation.
Cette situation soulève des questions fondamentales sur l’équilibre entre sécurité et libertés fondamentales. Elle démontre qu’un dispositif, même légal, peut se transformer en moyen de domination quand il est utilisé pour neutraliser des opinions dissidentes, illustrant un contrôle subtil mais efficace sur la société civile.
Kamel Beghdad n’est pas un cas isolé : il incarne la réalité d’un système où la peur et la contrainte prennent le pas sur le dialogue et la critique, et où le pouvoir utilise des outils juridiques pour maintenir son autorité et contrôler les voix dissidentes.
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