Après près d’un an d’attente forcée, l’avocat Zakaria Benlahrech a enfin pu rendre visite à ses clients, Mohamed Benhalima et Abdellah, dont l’accès lui avait été refusé à plusieurs reprises par les autorités. Une année entière sans contact direct, empêchant Benlahrech d’exercer pleinement son rôle d’avocat.
« Aujourd’hui, enfin, j’ai pu les revoir », confie l’avocat, décrivant des moments difficiles à mettre en mots. Le temps écoulé laisse des traces visibles dans les regards, les silences et la posture même de ses clients. « On ne retrouve pas des personnes après une année d’empêchement administratif comme on se retrouve après une simple absence », souligne-t-il.
Lors de l’audience, Mohamed Benhalima a demandé à la magistrate la permission de saluer son avocat par un geste d’affection. Une demande simple, profondément humaine, mais exceptionnelle dans un cadre habituellement strict et formel.
Selon Benlahrech, ce geste symbolise bien plus que de la reconnaissance ou de la confiance : il traduit le besoin de chaleur humaine dans des conditions de détention éprouvantes. « C’était à la fois émouvant… et terriblement triste de les voir ainsi, après tant de mois, dans ces conditions », confie-t-il.
Pour l’avocat, ces rencontres laissent une empreinte durable : « Au-delà des procédures, des décisions et des débats juridiques, il y a des hommes. Et lorsque même un simple geste de salut devient exceptionnel, cela rappelle avec force la dureté de ce qu’ils vivent au quotidien. »
Sorti de l’audience profondément touché, Zakaria Benlahrech témoigne de la dignité de ses clients, qui persiste malgré la douleur visible, rappelant l’importance de l’humanité même dans les tribunaux.