La justice algérienne a décidé de reporter le procès de plusieurs personnalités civiles, universitaires, militantes et engagées, poursuivies dans un même dossier, devant la Cour criminelle de première instance près le tribunal de Dar El Beïda. L’audience est désormais renvoyée à la prochaine session criminelle.
Parmi les personnes concernées figurent Maître Sofiane Waâli, avocat et membre du collectif de défense des détenus d’opinion, Mira Mognach, professeure universitaire, ainsi que Khdeir Bouchlaghem, Belail Rafiq, Benkrour Ghylas, Achiche Taher, Rkad Lounes, Ismail Bouazza, Ben Ouchen Hakim, Malek Boujemaâ et son fils Moqrane, Youba Menkalat et son père Melloud Menkalat, dit Houcine.
Ce renvoi devant la juridiction criminelle s’inscrit dans une procédure lourde, qui suscite de vives inquiétudes au sein des milieux juridiques et des organisations de défense des droits humains. Le fait que des profils aussi divers — avocat, universitaire, citoyens engagés — se retrouvent poursuivis dans un même dossier illustre, selon plusieurs observateurs, l’ampleur des poursuites judiciaires visant des figures perçues comme critiques ou engagées dans l’espace public.
Ce report prolonge une situation d’incertitude judiciaire pour les personnes concernées et leurs familles, dans un contexte marqué par une pression judiciaire persistante sur les voix indépendantes et les acteurs de la société civile.
Source : Maître Yamina Alili