Le tribunal de Dar El Beïda a rendu sa décision en confirmant le jugement de première instance à l’encontre de plusieurs anciens détenus d’opinion. La cour a ainsi maintenu les peines prononcées contre Wernoughi Younes, Wernoughi Ahmed, Soudani Htak, Mohamed Boudina, Bouns Wernoughi, Issa Abdelkader, Gara Belkacem, Krad Belkacem, Denaqa Attallah, Tyaiba Youssef, Taabdallah Ahmed El Amine et Bzait Ibrahim El Khalil.
Ces derniers ont été condamnés à trois ans de prison, dont un an avec sursis, pour le chef d’accusation de « délit d’atteinte à l’unité et à l’intégrité du territoire national ». Ils ont en revanche été acquittés de l’ensemble des autres accusations portées contre eux.
Dans le même dossier, Hamidi Mohamed Zine Eddine a été condamné à trois ans de prison ferme, sur la base du même chef d’accusation.
Cette décision intervient alors que le parquet avait requis des peines bien plus lourdes, allant jusqu’à dix ans de prison ferme à l’encontre des prévenus. Un écart significatif entre les réquisitions du ministère public et le verdict final, qui souligne la sévérité du climat judiciaire entourant les dossiers liés à la liberté d’expression et aux opinions politiques en Algérie.
Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur la situation des détenus d’opinion et sur l’usage de qualifications pénales liées à l’« atteinte à l’unité nationale », régulièrement dénoncées par les défenseurs des droits humains comme des instruments de criminalisation de l’expression politique.
Source : Maître Fatiha Rouibi