L’activiste Hamid Derradji dénonce une situation administrative absurde après avoir été placé sous contrôle judiciaire le 5 novembre 2025. Comme l’exige cette mesure, il doit se présenter chaque jeudi au niveau du tribunal pour signer. Mais son déplacement à la justice de Bouira, jeudi dernier, a donné lieu à une scène qui révèle les dysfonctionnements du système judiciaire.
“Ils n’ont rien reçu” : l’annonce inattendue du tribunal de Bouira
Arrivé comme prévu pour signer, Hamid Derradji a été surpris d’apprendre que la justice de Bouira n’avait reçu aucun document provenant de la justice de Boufarik, où la mesure de contrôle judiciaire a été initialement prononcée.
Selon Derradji, le greffe lui a indiqué qu’aucune information officielle n’avait été transmise et qu’ils ne pouvaient donc pas enregistrer sa présence ni valider sa signature obligatoire.
Une demande incompréhensible : “C’est à moi de faire leur travail ?”
Ce qui choque davantage l’activiste, c’est la suite :
on lui aurait demandé de se déplacer lui-même à Boufarik afin de les informer que Bouira n’avait rien reçu.
« Ça veut dire que leur travail, c’est moi qui dois le faire », s’indigne Hamid Derradji, dénonçant une situation qu’il qualifie d’inacceptable et révélatrice d’un manque de coordination entre les juridictions.
Un cas qui illustre les difficultés rencontrées par de nombreux justiciables
Ce type de dysfonctionnement administratif n’est pas isolé. Dans plusieurs affaires, les retards dans la transmission de documents, l’absence de coordination entre tribunaux et les lenteurs bureaucratiques compliquent la vie des personnes placées sous contrôle judiciaire — une mesure déjà particulièrement contraignante.
Pour les défenseurs des droits, cette situation met en lumière un problème structurel :
des citoyens se retrouvent pénalisés non pas pour des manquements de leur part, mais en raison des défaillances de l’institution elle-même.
Un appel à la rigueur et au respect des procédures
Hamid Derradji appelle les autorités judiciaires à assumer leurs responsabilités, à assurer une transmission correcte des documents et à éviter que des citoyens soient contraints de “faire la navette” entre différentes juridictions pour pallier ces manquements.
Dans l’attente d’une clarification, Derradji se dit déterminé à respecter les obligations imposées, mais dénonce un traitement indigne et une bureaucratie qui complique inutilement la vie des justiciables.