1036 jours de détention et une cinquième grève de la faim : le dossier Mellal doit enfin être examiné

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Cela fait désormais 1036 jours, soit près de 34 mois, que Chérif Mellal est privé de liberté.
Depuis le 19 janvier 2023, aucune des irrégularités pourtant graves signalées dans son dossier n’a été examinée. Face à cette inertie judiciaire, l’ancien président de la JSK a entamé il y a trois jours une grève de la faim illimitée, la cinquième depuis son incarcération.

Un détenu qui en arrive à risquer sa vie à cinq reprises n’exprime pas une stratégie : il exprime une détresse judiciaire.

Des irrégularités jamais examinées

Depuis sa condamnation, Chérif Mellal conteste la procédure qui l’a conduit en détention.
Deux plaintes successives pour faux et usage de faux ont été déposées, chacune accompagnée de preuves concrètes mettant en cause l’authenticité de documents essentiels utilisés dans son dossier.

Malgré l’importance de ces éléments :

  • aucune expertise n’a été menée,
  • aucune audition n’a eu lieu,
  • aucune instruction n’a été ouverte,

et les plaintes ont été classées sans suite à deux reprises.

Pourtant, lorsque des documents potentiellement falsifiés constituent la base d’une condamnation, la loi impose un réexamen obligatoire. C’est le fondement même du droit à un procès équitable.

Un refus d’instruire qui porte atteinte à la justice

Le refus d’examiner des éléments nouveaux, sérieux et étayés constitue :

  • une violation du droit de la défense,
  • une atteinte au principe d’impartialité,
  • une rupture avec les règles d’une bonne administration de la justice.

Refuser de regarder les preuves d’une éventuelle falsification ne protège pas la décision judiciaire :
cela protège son dysfonctionnement.

Un acte extrême qui engage la responsabilité des autorités

Une grève de la faim n’est jamais anodine.
C’est un acte ultime, un signal d’alerte que personne ne devrait ignorer.

Aujourd’hui, alors que la santé de Chérif Mellal est fragilisée par ses précédentes grèves de la faim, la responsabilité des autorités judiciaires et pénitentiaires est pleinement engagée.

Une demande légitime, claire et conforme au droit

Chérif Mellal demande simplement :

  • d’instruire les plaintes pour faux,
  • d’expertiser les documents contestés,
  • de réévaluer sa condamnation à la lumière des irrégularités relevées.

Corriger une erreur ne fragilise pas la justice :
cela l’honore.

Conclusion

La vérité doit être établie.
Le dossier doit être réexaminé.
Et Chérif Mellal mérite enfin d’être entendu — et libéré.

Article rédigé à partir de la déclaration de Maître Fetta Sadat.

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